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Paradis Blanc

mercredi 16 avril 2008

Les choses tournent bizarrement parfois. Etranges, de quoi se poser des questions.
J'en ai déjà parlé et je me devais de raconter la fin de cette histoire.
Mon chat blanc est parti le samedi 22 mars. Après deux jours de ne presque plus manger et un état général d'affaiblissement flagrant: ne plus savoir marcher ni tenir debout, il ne pouvait pas continuer à vivre comme ça, il a fallu l'euthanasier. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps de le voir partir après 16 ans, mais je n'ai aucun regret parceque sa vie était devenue impossible.
J'ai vu enfin, où était la limite, le bout du chemin. Il était hors de question qu'il souffre. C'est très dur, mais il y a un moment ou la décision apparaît clairement. La question ne se pose plus.

Curieux coup du destin: mon autre chat est parti samedi dernier, de façon foudroyante.
J'avais remarqué, ces dernières semaines (mais préoccupée par l'état du premier j'avais moins fait attention à lui) qu'il maigrissait à vue d'oeil, et ne mangeait pas très bien.
Comme il avait un souci à la gorge qui n'était pas nouveau, on a donné une fois de plus les médicaments ad hoc. Sans effet.

Inquiète de voir qu'il n'y avait pas moyen de lui ouvrir la mâchoire pour lui donner des cachets, il avait aussi l'oeil droit gonflé qui pleurait constamment, et des blessures bizarres à la tête du côté droit, je l'ai emmené chez le vétérinaire, et là...
On s'attendait à beaucoup de choses mais pas à ça.
Elle à mis un certain temps à trouver. Ca ne ressemblait à aucune affection dont elle a l'habitude. Elle a fait une radio parcequ'après anesthésie il n'y avait toujours pas moyen de décoincer sa mâchoire. Elle a découvert stupéfaite ("jamais vu une chose pareille") qu'il avait une masse tumorale énorme au niveau des sinus, qui prenait la moitié de sa tête, avait provoqué une fracture du nez et bloquait complètement sa bouche et sa gorge, l'empêchant de manger et de bien respirer, sans parler de la douleur.
On se souvient de cette dame, qui, il n'y a pas longtemps demandait à mourir à cause d'une tumeur à la tête qui l'empêchait de vivre. C'était idem.
La décision fut irrévocable et sans appel, il fallait l'euthanasier tout de suite parcequ'il était dans d'insoutenables souffrances, et ce fut fait.

Je n'ai presque pas pu dire au revoir a ce compagnon qui avait 18 ans.
Il s'était réfugié chez nous il y a 5 ans, où il était arrivé après avoir été abandonné et battu. On l'avait trouvé devant la porte et ça nous avait fait mal au coeur de le voir comme ça. Il était formidable: d'une douceur, et d'une patience exemplaires. La maison est bien vide, les deux "papys" comme on les appelait sont partis presque en même temps. Curieux destin qui les unissait.
Je suis inconsolable. Je me demande si j'ai vraiment fait tout ce qu'il fallait, bien qu'une chose pareille, aussi terrible était absolument imprévisible.

Autre question qui me perturbe: on euthanasie un chat pour abréger sa souffrance d'une tumeur ravageuse, parcequ'on pense à sa qualité de vie et sa douleur qui doit être insupportable.
On refuse d'euthanasier un être humain dont on sait qu'il est condamné, et qui a exprimé cette terrible impossibilité de continuer à vivre avec un mal qui le ronge. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond là dedans.

Mais c'est une autre histoire.

Pour le moment, je vais essayer d'arrêter mes larmes de penser à mes deux compagnons qui me manquent beaucoup, et qui m'ont apporté un univers de choses uniques et très belles.

Je garde précieusement la beauté et la force de tout ce qu'ils m'ont laissé comme des magnifiques cadeaux qui n'ont pas de prix.

Là je sais qu'ils sont libres et heureux au paradis blanc où l'éternelle magie du printemps les berce doucement.

Une vie de chien?

lundi 3 mars 2008

Mon chat est toujours là. Normal paraît que les chats ont 7 vies.
Cette semaine j'ai passé des jours et certaines nuits horribles à me demander que faire?.
Il a, grâce à la piqûre du véto et les antibiotiques, récupéré vraiment pas mal.
Il est redevenu comme avant, sauf qu'il ne voit plus (ok, ok, ce n'est plus tout à fait comme avant)
Il a retrouvé son côté râleur, se balade un petit peu, miaoule à tue tête, et du point de vue tonus, ça oui, c'est revenu, sans compter qu'il mange tout ce qui lui tombe dans l'escarcelle, il n'a vraiment pas l'air malade ce chat.
Conclusion: c'est pire pour moi. Parceque oui, voyez vous: un chat avachi qui se traîne au pays des ombres, on peut commencer à réfléchir, mais un chat comme ça, toujours plein de vie? A qui la seule chose qui manque c'est la vue? Je sais pas, ça me pose un terrible problème.
Parmi les bons conseils (non-demandés je précise mais je ne sais pas pourquoi certaines personnes se sentent obligées d'y aller d'un bon conseil): "pique le il souffre horriblement"
Ah bon? s'il faut juste piquer un chat parcequ'il est aveugle on peut commencer à extrapoler à tous les aveugles et autres handicapés, en décrétant d'un air impérial "ils ne méritent pas de vivre" parcequ'ils ne sont plus vraiment "normaux"?
Bonçava, peut être que j'exagère, il ne s'agit que d'un chat. Si c'était un humain, c'est vrai, on aurait fait traîner en espérant un miracle, mais les chats et les chiens on ne se pose pas tant de questions.
Faut pas se voiler la face: ça pose des gros problèmes: il est aveugle (oui oui je l'ai déjà dit mais je crois que je le répète sans faire exprès pour m'en convaincre vraiment) et ne trouve plus son bac, je vous raconte pas certains matins où on traverse le salon en chaussettes à moitié endormi et qu'on a pas marché au bon endroit (ne prenez pas cet air dégoûté). Disons juste que soudain, le chat de la maison redevient mon chat. Passons.
Ca c'est dans le meilleur des cas, je vous fais grâce des petites catastrophes qu'on découvre le soir quand on rentre les bras chargés de courses après une journée d'enfer. Tout jeter là pour se précipiter sur la serpillère et le désinfectant, et aérer pendant une heure malgré le blizzard, ya mieux comme façon d'attaquer sa soirée (ou de commencer sa journée ça dépend des jours).
Alors? Shakti qu'est ce qui va pas? pourquoi ne rien décider en voyant que c'est pas une vie non plus que d'être tout le temps derrière, pour éviter les catastrophes et que ça sent l'ammoniac à 10 km à la ronde?
MrNamour, qui a fait preuve d'un bon sens damned mais bon sang mais c'est bien sûr! a prononcé des paroles d'une grande sagesse: "Si tu n'en es pas profondément convaincue ne le fais pas, sinon tu vas t'en vouloir longtemps".
Voilà, c'est tout simple et si vrai. Parcequ'à dire la vérité, non, je n'en suis pas profondément convaincue là, maintenant.

Une chose à la fois, prochaine étape et prise de tête: on part une semaine à Pâques...
Comment le laisser et à qui? Qui voudra s'en occuper de A à Z, c'est pas son chat, avec toute la patience et la disponibilité nécessaire?
La solution se trouverait elle dans un autre bon conseil d'ores et déjà entendu? "pique le juste avant, comme ça tu pourras partir tranquille"
...
D'autres bonnes idées?

Au bout du chemin

samedi 23 février 2008

Il est arrivé il y a 16 ans petite boule de longs poils blancs, criant sans relâche pas content d'être là.
Puis il s'est installé petit à petit trouvant sa place, sur un lit, un canapé, un coussin.
L'air souvent fâché, car il est d'une race comme ça, il a toujours l'air de bouder.
Il m'a accompagnée partout par où je suis passée tout ce temps, fidèle, toujours près de moi quand j'étais triste, perdue, heureuse. Il a connu 16 ans de ma vie et partagé plein d'histoires et des secrets que j'ai moi même égarés en chemin.
Je savais qu'il partirait un jour, mais pas comme ça.
Enfin, il n'est pas encore parti, mais c'est tout comme.
Aujourdhui il est perdu, ne voit presque plus, ne sait pas où il est ni où il va. Ne mange plus rien si on ne le met pas devant son petit bol, ne retrouve plus son chemin, est incontinent.
Il dort toute la journée, ne crie plus, ne reconnaît plus personne.
Je sais qu'il est vieux qu'il va bientôt mourir, et s'il ne meurt pas tout seul comme une petite flamme qui s'éteint, il faudra l'aider.
Et là,
rien ne va plus chez moi, je ne peux pas faire ça même si on me dit que c'est pour son bien.
Quand le vétérinaire m'a dit "il ne sentira rien, il va s'endormir tout simplement".
J'ai pas pu.
Pas là, comme ça après un diagnostic froid et métallique: lésions cérébrales, troubles neurologiques, il ne récupérera pas, et restera au minium aveugle.
Il ne souffre pas, c'est juste qu'il ne se rend plus compte de grand'chose mais il ne souffre pas. Ce n'est pas impératif de le faire partir aujourd'hui.
Faut dire que je n'étais pas allée pour ça. Je voulais juste savoir ce qu'il avait et si c'était possible de le soigner.
Non
ce n'est pas possible, et il n'en a probablement plus pour très longtemps.
Je me prends à espérer qu'il ne se réveillera pas de son sommeil, car décider comme ça de lui faire une piqûre létale, me met en morceaux.
Je ne peux pas.
Nous sommes rentrés, je l'ai installé au soleil, il s'est endormi, il avait l'air heureux.
Je redoute le temps qui passe car il faudra à moment donné décider et agir.
Quand je sens son petit coeur qui bat et qu'il ronronne quand je le prends dans mes bras, je me dis que je ne peux pas faire ça.
Je ne suis pas prête, ça me fait trop mal.