J'en ai déjà parlé et je me devais de raconter la fin de cette histoire.
Mon chat blanc est parti le samedi 22 mars. Après deux jours de ne presque plus manger et un état général d'affaiblissement flagrant: ne plus savoir marcher ni tenir debout, il ne pouvait pas continuer à vivre comme ça, il a fallu l'euthanasier. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps de le voir partir après 16 ans, mais je n'ai aucun regret parceque sa vie était devenue impossible.
J'ai vu enfin, où était la limite, le bout du chemin. Il était hors de question qu'il souffre. C'est très dur, mais il y a un moment ou la décision apparaît clairement. La question ne se pose plus.
J'avais remarqué, ces dernières semaines (mais préoccupée par l'état du premier j'avais moins fait attention à lui) qu'il maigrissait à vue d'oeil, et ne mangeait pas très bien.
Comme il avait un souci à la gorge qui n'était pas nouveau, on a donné une fois de plus les médicaments ad hoc. Sans effet.
Inquiète de voir qu'il n'y avait pas moyen de lui ouvrir la mâchoire pour lui donner des cachets, il avait aussi l'oeil droit gonflé qui pleurait constamment, et des blessures bizarres à la tête du côté droit, je l'ai emmené chez le vétérinaire, et là...
On s'attendait à beaucoup de choses mais pas à ça.
Elle à mis un certain temps à trouver. Ca ne ressemblait à aucune affection dont elle a l'habitude. Elle a fait une radio parcequ'après anesthésie il n'y avait toujours pas moyen de décoincer sa mâchoire. Elle a découvert stupéfaite ("jamais vu une chose pareille") qu'il avait une masse tumorale énorme au niveau des sinus, qui prenait la moitié de sa tête, avait provoqué une fracture du nez et bloquait complètement sa bouche et sa gorge, l'empêchant de manger et de bien respirer, sans parler de la douleur.
On se souvient de cette dame, qui, il n'y a pas longtemps demandait à mourir à cause d'une tumeur à la tête qui l'empêchait de vivre. C'était idem.
La décision fut irrévocable et sans appel, il fallait l'euthanasier tout de suite parcequ'il était dans d'insoutenables souffrances, et ce fut fait.
Je n'ai presque pas pu dire au revoir a ce compagnon qui avait 18 ans.
Il s'était réfugié chez nous il y a 5 ans, où il était arrivé après avoir été abandonné et battu. On l'avait trouvé devant la porte et ça nous avait fait mal au coeur de le voir comme ça. Il était formidable: d'une douceur, et d'une patience exemplaires. La maison est bien vide, les deux "papys" comme on les appelait sont partis presque en même temps. Curieux destin qui les unissait.
Je suis inconsolable. Je me demande si j'ai vraiment fait tout ce qu'il fallait, bien qu'une chose pareille, aussi terrible était absolument imprévisible.
Autre question qui me perturbe: on euthanasie un chat pour abréger sa souffrance d'une tumeur ravageuse, parcequ'on pense à sa qualité de vie et sa douleur qui doit être insupportable.
On refuse d'euthanasier un être humain dont on sait qu'il est condamné, et qui a exprimé cette terrible impossibilité de continuer à vivre avec un mal qui le ronge. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond là dedans.
Mais c'est une autre histoire.
Pour le moment, je vais essayer d'arrêter mes larmes de penser à mes deux compagnons qui me manquent beaucoup, et qui m'ont apporté un univers de choses uniques et très belles.
Je garde précieusement la beauté et la force de tout ce qu'ils m'ont laissé comme des magnifiques cadeaux qui n'ont pas de prix.
Là je sais qu'ils sont libres et heureux au paradis blanc où l'éternelle magie du printemps les berce doucement.

